O moins 2


À califourchon sur le mont, je chevauche le sommet mirant au loin l’horizon funeste de ma destinée.

Fidèle galope au-delà des stèles forgées aux quatre vents. Je suis conquérant de toutes heures. Vous doutez et vous osez me dire que de chevaux, il n’y a pas. Je maintiens que sur ces pierres, je suis pourtant assis confortablement. Alors, dites-moi, qui sont ces moutons bruissant cette chantilly nouvellement fouettée ?

Ne les voyez-vous pas ? Ces trublions informes et difformes qui s’asseyent sur cette montagne-là !

Celle-là même qui me sert d’assise dans cet instant si précis. Pour que je sonde sa profondeur d’un « yolalaiyou » si éloigné de son Tyrol, et qui avec joie me revient de fort loin dans l’incertitude de sa naissance !

Oui, je suis fou ! regardez, j’ôte mes capuches de velours doigtées pour mieux retenir une de ces matières humides qui s’insinuent dans le creux de mon pavillon. Matières qui me content le long chemin de son retour sans que celui-ci sache où il se doit d’aller. La liberté comme arrivée sans arrêt.

Et le rebond du « dit donc ! » du son sait que d’une claque à son neurone, la folie n’est que plus bas dans la vallée verte. Alors qu’au sommet, là, tout en haut près des étoiles constellées de mille éclats, c’est autre chose. Oui, ce n’est pourtant qu’un rêve, juste cela, assurément. Pas de quoi interner un lapin sautant par-dessus le pic le plus haut pour atteindre la plus grasse prairie, sans chasseurs à viser et viseurs de longs canons. Eux, qui sont restés dans la cabane de bois, le verre au bout des lèvres, les pensées au chaud.

Je mire au loin la fourberie de ces petits points de « je ne sers à rien » qui restent aussi aveugles que la taille dont je les réalise. En espérant que vous saisissiez de ma selle, le regard de filou roulant de pierre, qui se lasse de tasse neige réchauffée, aplatie par mon popotin !

Dans un rire ragaillardi par l’immensité du bleu et blanc sans creux, la hauteur se pare soudainement de vert sous le reflet de mon regard. Me voilà géant vert de rouge tenue triturant le bout de mes doigts noirauds. Qu’est-ce donc ? Un délire père Noël en peau hulkesse. Essayant de taire son embarras stomacal à l’aide d’une couleur aussi incertaine que celle de son foie !

Lâcher ce mont d’un bras qui ne résiste que peu. Ah ! je veux voir le soleil s’éclater dans ma pupille. J’ai besoin de rendre l’apparence de l’envers et de l’endroit à son état originel pour cramer l’effet de vainqueur que je ressens à cet instant-là !

À dix, trois ou six, vous pouvez m’attacher après m’avoir vaincu. Je suis repu, de corps en agonie. Je rends la matière à sa raison d’être, de lutte lasse. Mon manteau enneigé me gêne trop, il est trop lâche pour que je me débatte. Soit, je vous rends ma liberté !

Certes, il reste ce mont fort et mince, crevard de peu. Il me scie dans ma trace si simplement que la mouvance n’est que plus loin dans mon regard !

Je ne suis que chimère légère aux vents, balancé dans son sens. Les visages autour s’affolent, se raidissent dans une complexité d’impression paranoïaque de chat échaudé. Lorsqu’enfin le cours de peu se descend plus près de la terre verte, aussi blanche que son point le plus haut. J’en saisis le rebond de son velours immaculé dans mon dos. Je retourne ainsi à une possible raison. Ma raison !

C’est que le mal des montagnes à ce malheur à son alpiniste. Celui de le rendre aussi rêveur que la hauteur du mont qu’il a atteint. La descente contrainte l’oblige à taire ce crayon de pierre qui a dessiné une aquarelle dans le ciel !

En bas, l’air revient en O2. La douleur compte les bouts de doigts de l’alpiniste restés sur le mont vertigineux !

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